Le dernier d’entre-nous qui mangera ses flocons d’avoine, aura une tapette. C’est vrai : je profite honteusement de la sortie de la saison 2 de la série post-apocalyptique The last of us pour tenter une réflexion diétético-blobesque.
Petite devinette pour se mettre en jambe : je vous mets au défi de trouver la différence entre Physarum Polycephalum, alias le blob, et une influenceuse nutrition des réseaux sociaux ?
• Aucune : les deux se nourrissent exclusivement de flocons d’avoine !
Ici on ne cèdera pas aux blagues faciles sur le caractère unicellulaire et dépourvu de neurones des différents organismes susmentionnés, nous sommes pétri de bonnes intentions. Il n’en demeure pas moins que le blob est un réseau. Le blob influence. Pas spécialement socialement, à moins qu’on ne considère sa capacité à fusionner avec ses congénères comme le summum du réseautage ?
J’en profite pour remercier Médoc Myrméco qui a gentiment accepté que je lui cannibalise une de ses photos.
Quel serait l’intérêt d’une diététicienne d’inviter sur son blog un myxomycète gluant là où l’on serait davantage en droit de s’attendre à des recettes healthy et à des photos de bâtons de céleri ou encore de pâtisseries antioxydantes au skyr à calories négatives ? Et bien figurez vous que je fais le pari que la démarche diététique la plus durable serait l’approche qui consiste à vous apprendre à pêcher plutôt qu’à vous donner du poisson. (même si c’est plein d’oméga 3).
Et comment le blob qui est dépourvu de cerveau pourrait nous apprendre quoi que ce soit, et notamment en nutrition ?
Je tente un élément de réponse : le blob, par l’engouement qu’il aura suscité et notamment auprès des écoliers, et portée par la vulgarisatrice de génie qu’est Audrey Dussutour, et au delà du blob, l’intérêt pour la démarche scientifique, pour le fait d’observer cet organisme, de formuler des hypothèses à son sujet et de les vérifier (ou pas) se réaliser : quel meilleur partenaire qu’un polycéphale mangeur d’avoine pour s’entraîner à sciencer ? Trouver son propre équilibre diététique s’apparente également parfois à une quasi enquête, avec ses essais, ses tâtonnements, ses hésitations, ses certitudes, ses repentirs, ses réseaux et ses impasses.
La diététique est une science toute jeune comparée à d’autres, elle est parfois balbutiante encore, et je suis d’avis qu’un organisme apparu il y a plus d’un milliard d’années qui n’est ni animal, ni végétal ni un champignon peut être un chouette support pour nous procurer des élément de méthode pour cheminer dans la jungle des conseils réseauteux et autres injonctions alimentaires envahissantes, tentaculaires, et trop souvent délétères.

