Une planche anatomique de pomme de terre et de leur floraison

La grosse patate

La grosse patate c’était le titre d’un livre de quand j’étais petite. A l’époque on ne parlait pas encore de grossophobie (purée de patate, je suis vieille !) mais c’était l’idée du livre.

Pourquoi la “patate” est devenue une insulte ?

Je pose une question : pourquoi avoir choisi ce pauvre tubercule comme emblème de la maladie obésité ? Parce qu’elle est ronde ? Parce qu’elle est un peu cabossée et irrégulière ? Cette solanacée me semble cristalliser à elle seule beaucoup de représentations obésogènes : son crime ? D’être trop délicieuse sûrement.

Enfin je suis peut-être biaisée par mes origines germaniques, pour moi les kartolfelln, c’est Großße Régalad. Quoi qu’il en soit, moi et mon approche rationnelle de l’alimentation, on est à deux doigts de considérer que la pomme de terre est quand-même un super partenaire minceur injustement mésestimée.

Ce que nos représentations disent de l’obésité

Le truc, c’est que, nous humains, nous nourrissons de symboles et de représentations (de prédictions) autant que de calories et de nutriments. Nous avalons littérallement des images, nous métabolisons des idées. Nos représentations sont des boussoles qui nous guident plus ou moins finement selon leur proximité avec la réalité qu’elles prétendent relater. Et précisément, parfois, le delta est vaste, entre l’idée qu’on se fait et la réalité factuelle, d’où mon plaidoyer pour la patate.

Je suis diet et je voudrais sortir Charlotte de la disgrâce. Qu’on se le dise, la patate c’est THE super-aliment dans le cadre d’un déficit calorique. Ca c’était mon petit topo de diététicienne super calée en nutrition.

Mais derrière cette histoire de tubercule se cache une question bien plus sensible : comment parler d’obésité, surtout chez l’enfant, sans réduire une personne à son poids ?

Le risque de blesser en voulant aider

Je pense que parfois, beaucoup parler a comme fonction d’occuper l’espace, de créer une diversion, de dissiper une douleur, un chagrin, vous l’aurez compris, j’ai crée un écran de fumée pour gagner du temps avant d’évoquer le sujet dans le sujet : l’obésité infantile. Avec ce sujet, je marche sur des oeufs (on ne fait pas d’omelettes sans en casser il paraît). J’ai tellement chevillée au corps la notion qu’en matière de soin, le risque de faire davantage de mal que de bien est toujours dans les parages. En matière de prise en charge de l’obésité, je devine le risque ultra majoré, c’est dire si je prends des pincettes, je tourne autour du sujet.

Primum non nocere, c’est la minimum des politesses quand on s’occupe d’êtres humains.

Obésité infantile : écouter avant de corriger

Parlons en moins et écoutons plus, pour reprendre un vieil adage de sagesse patatesque.

522 800 Julie Autier