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L’addiction au sucre, une mythologie alimentaire contemporaine

ou

… arrêtez d’avaler des couleuvres sucrées.

Mettons les pieds dans le plat et affirmons que le glucose ou le saccharose ne sont pas des drogues dures ou molles (selon le degré de caramélisation préféré).

N’en déplaise aux déesses du glucose, je m’oppose comme la plupart de mes collègues à cette idée largement répandue que le sucre est une drogue. Le sucre, stricto sensu, la matière sucre est nécessaire à la vie. Un des paramètres qui fait qu’on tient debout, la glycémie, consiste en une certaine quantité de sucre mesurée dans le sang. On pourrait l’apeller la glucosémie, éthymologiquement. Avez-vous déjà dosé votre cokaïnémie ou votre héroïnémie ? La quantité requise de drogue pour vivre par litre de sang, c’est zéro. Ces susbstances, et c’est rien de le dire, ne sont pas vitales comme le glucose l’est.

Ça c’est pour la substance. Vitale. Notre cerveau est un de nos organes les plus consommateur, il mange 30% de notre sucre quotidien, alors qu’il ne représente que 5% de notre poids corporel, pour vous dire comme c’est un junkie.

Ceci étant posé. On sait bien en addictologie que le phénomène d’addiction consiste en un entrelac subtil entre des susbstances et des comportements. Certaines conduites addictives reposant uniquement sur des mécanismes liés à des circuits de récompense activés par des comportements. On fabrique ainsi notre propre drogue maison, avec les émotions qu’on s’auto-procure, avec la cascade hormonale qui en découle. Du fait maison; rien de plus gratifiant n’est-ce pas, que de ne pas dépendre du pot de Nutella ?

Parlons en du Nutella (ou du Nustikao pour les plus Marques Repérés d’entre nous). On voit partout ces images sensées être repoussantes : le nutella c’est tant de sucre, tant de graisse. Beurk. Beurk hein ? Pourquoi ça nous beurk tant de voir exposés ces ingrédients séparément ? M’est avis qu’un réel accro au sucre devrait saliver devant des carrés Daddy ? Alors pourquoi n’est-ce pas le cas ? Pourquoi trouvons nous les galets de sucre peu appétissants voire même repoussants ?

La science vient à la rescousse pour nous expliquer que ce qui rends la nourriture hyper palatable (qui plait au palais, ça se dit en français ?), c’est précisément qu’elle combine des glucides, des lipides et des protides. Clairement, c’est la définition de la cuisine ou tout du moins de l’élaboration industrielle de formules alimentaires le plus à même de générer l’envie d’y revenir. En aucun cas notre gourmandise ne nous porte vers de l’huile de palme ou du Béghin Say à la cuillère.

Il nous faut donc arrêter de partir en Freestyle 2, respirez un grand coup et tentez à tête reposée de démêler cette grosse barbe à papa. Vous me direz, « est-ce si méchant de pointer du doigt la substance sucre dont on sait que les messages de santé avertissent de le limiter à 10% des AJR (Apports Journaliers Recommandés) » ? Je pense pour ma part nécessaire de se préoccuper de tout excès calorique, qu’importe le substrat.

Sources :
Pubmed, Sugars and Sweet Taste: Addictive or Rewarding?
Pubmed, Sugar addiction: the state of the science

1280 804 Julie Autier